Dépistage de la prééclampsie : quels examens et quand les faire ?
La prééclampsie peut être dépistée grâce à plusieurs examens complémentaires qui évaluent :
la circulation sanguine maternelle,
la qualité de la vascularisation du placenta,
certains marqueurs biologiques liés au placenta.
Le dépistage est surtout efficace pour les formes précoces et sévères de prééclampsie.
1. La pression artérielle moyenne (PAM)
Quand faire l’examen ?
- Dès le 1er trimestre : entre 11 et 13 SA
-
Puis à nouveau :
- entre 20 et 24 SA
- entre 30 et 34 SA
- et vers 36 SA
En quoi consiste l’examen ?
La PAM est plus précise que la simple tension classique pour prédire la prééclampsie.
Elle doit être réalisée :
- avec un tensiomètre automatique validé,
- après 5 minutes de repos,
- assise, jambes décroisées,
- bras soutenus au niveau du cœur,
- avec un brassard adapté au bras.
On réalise :
- 2 mesures sur chaque bras,
- puis on fait la moyenne.
Calcul de la PAM :
PAM= 2/3 × pression diastolique + 1/3 × pression systolique
Pourquoi cet examen est important ?
Dans les grossesses à risque de prééclampsie :
- la PAM est souvent augmentée très tôt,
- surtout dans les formes précoces de prééclampsie.
2. Le Doppler des artères utérines (UTPI)
Quand faire l’examen ?
- Principalement : entre 11 et 13 SA
-
Puis parfois :
- entre 20 et 24 SA
- et/ou au 3e trimestre selon le risque.
En quoi consiste l’examen ?
C’est une échographie Doppler qui analyse le flux sanguin dans les artères utérines.
Le médecin regarde si le placenta reçoit suffisamment de sang.
Pourquoi cet examen est important ?
Dans une grossesse normale :
- les artères deviennent souples,
- la résistance au flux sanguin diminue.
En cas de risque de prééclampsie :
- la résistance reste élevée,
- l’indice de pulsatilité (UTPI) augmente.
IP= Vitesse systolique de pointe - vitesse diastolique minimale / Vitesse moyenne
- les prééclampsies précoces,
- les anomalies du placenta.
3. La prise de sang : PLGF et sFLT-1
Pourquoi cet examen est important ?
Un rapport élevé peut annoncer :
- une prééclampsie imminente,
- parfois dans les 1 à 2 semaines suivantes.
A. Le PLGF (Placental Growth Factor)
Quand faire l’examen ?
- utile dès :
- 11–13 SA
-
puis :
- 20–24 SA
- 30–34 SA
- 36 SA
Que recherche-t-on ?
Le PLGF est un facteur de croissance produit par le placenta.
Dans la prééclampsie :
- le PLGF diminue,
- ce qui traduit souvent une souffrance placentaire.
B. Le sFLT-1
Quand faire l’examen ?
- vers 22 SA
- 32 SA
- 36 SA
Que recherche-t-on ?
Le sFlt-1 est un facteur anti-angiogénique.
Dans la prééclampsie :
- il augmente,
- parfois plusieurs semaines avant les symptômes.
Le dépistage le plus performant : le “triple test” à 12 SA
Le dépistage actuellement le plus efficace au 1er trimestre combine :
- les facteurs de risque maternels,
- la PAM,
- l’UTPI,
- le PlGF.
Ce dépistage permet de détecter environ :
- 90 % des prééclampsies précoces
- et 75 % des prééclampsies prématurées.
C’est aussi ce dépistage qui permet d’identifier les femmes pouvant bénéficier de l’aspirine préventive commencée avant 16 SA.
Résumé rapide
| Examen | Quand le faire ? | Ce qu’il évalue |
|---|---|---|
| Pression artérielle moyenne (PAM) | 11–13 SA puis suivi | Risque cardiovasculaire maternel |
| Doppler des artères utérines (UTPI) | 11–13 SA | Qualité de la vascularisation placentaire |
| PLGF | 11–13 SA | Fonction placentaire |
| sFLT-1 | 22 SA, 32 SA, 36 SA | Risque évolutif de prééclampsie |
| Échographie croissance fœtale (EFW) | 2e trimestre | Retard de croissance associé |
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