Exposition aux perturbateurs endocriniens et risque d'hypertension gestationnelle et de prééclampsie : revue systématique et méta-analyse.
Cette étude avait pour objectif de déterminer si l'exposition aux perturbateurs endocriniens pendant la grossesse augmente le risque de développer :
- une hypertension gestationnelle ;
- une prééclampsie.
Pour cela, les chercheurs ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse, c'est-à-dire qu'ils ont regroupé les résultats de plusieurs études afin d'obtenir une estimation plus fiable du risque.
Les perturbateurs étudiés
Les auteurs se sont intéressés principalement à trois grandes familles de substances :
- les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées, présentes notamment dans certains emballages alimentaires, textiles imperméables et ustensiles antiadhésifs) ;
- les phtalates (plastiques, cosmétiques, parfums, produits ménagers) ;
- le bisphénol A (BPA) (plastiques alimentaires, résines, tickets de caisse).
Résultats principaux
Les chercheurs ont analysé 14 études.
Ils ont observé que :
Les PFAS augmentent le risque de prééclampsie
Une association significative a été retrouvée entre la prééclampsie et plusieurs PFAS, notamment :
- PFOA
- PFOS
- PFNA
Les femmes les plus exposées présentaient un risque plus élevé de développer une prééclampsie.
Les PFAS augmentent aussi le risque d'hypertension gestationnelle
Le PFOA et le PFHxS étaient également associés à une augmentation du risque d'hypertension pendant la grossesse.
Les phtalates
Parmi les nombreux phtalates étudiés, seul le MEP (mono-éthyl phtalate) présentait une association significative avec l'hypertension gestationnelle.
Le bisphénol A
Contrairement à ce que certaines études individuelles avaient suggéré, cette méta-analyse n'a pas retrouvé d'association statistiquement significative entre l'exposition au BPA et le risque de prééclampsie. Les auteurs précisent toutefois que les données restent limitées et que des recherches supplémentaires sont nécessaires.
Conclusion des auteurs
Les auteurs concluent que :
- plusieurs PFAS semblent augmenter le risque de prééclampsie ;
- certains PFAS augmentent également le risque d'hypertension gestationnelle ;
- les preuves concernant les phtalates sont plus limitées ;
- les preuves sont actuellement insuffisantes pour conclure à un rôle du bisphénol A.
Ils soulignent néanmoins que la qualité des preuves reste modérée et que de nouvelles études sont indispensables pour confirmer ces associations
Référence complète
Hirke A, Varghese B, Varade S, Adela R. Exposure to endocrine-disrupting chemicals and risk of gestational hypertension and preeclampsia: A systematic review and meta-analysis. Environmental Pollution. 2023;317:120828. DOI : 10.1016/j.envpol.2022.120828.
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