Les perturbateurs endocriniens et les effets des modifications épigénétiques sur la prééclampsie : revue systématique
Cette revue systématique fait le point sur les connaissances actuelles concernant le rôle des perturbateurs endocriniens (PE) dans le développement de la prééclampsie. Les auteurs s'intéressent particulièrement aux modifications épigénétiques induites par ces substances, c'est-à-dire aux changements de l'expression des gènes sans modification de l'ADN lui-même.
Méthode
Les chercheurs ont analysé les études publiées portant sur :
- l'exposition des femmes enceintes aux perturbateurs endocriniens ;
- les modifications épigénétiques observées dans le placenta et les tissus maternels ;
- les liens entre ces modifications et le risque de prééclampsie.
Résultats principaux
Les auteurs montrent qu'un nombre croissant de preuves relie plusieurs perturbateurs endocriniens à un risque accru de prééclampsie.
Les substances les plus étudiées sont notamment :
- le bisphénol A (BPA),
- les phtalates,
- les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées),
- certains pesticides,
- les dioxines,
- certains métaux lourds.
Ces composés peuvent :
- perturber le fonctionnement hormonal maternel ;
- modifier l'expression de nombreux gènes impliqués dans le développement du placenta ;
- favoriser le stress oxydatif ;
- augmenter l'inflammation ;
- altérer le remodelage des artères utérines ;
- provoquer un dysfonctionnement du placenta, mécanisme central de la prééclampsie.
L'un des mécanismes majeurs identifiés est l'apparition de modifications épigénétiques, notamment :
- des anomalies de méthylation de l'ADN ;
- des modifications des histones ;
- une dérégulation de plusieurs microARN impliqués dans la croissance placentaire.
Conclusion
Les auteurs concluent que les perturbateurs endocriniens constituent probablement un facteur environnemental important dans le développement de la prééclampsie. Leur action semble largement passer par des modifications épigénétiques qui perturbent la formation et le fonctionnement du placenta.
Ils soulignent toutefois que des études supplémentaires sont nécessaires pour préciser les doses à risque, les périodes les plus sensibles de la grossesse et les mécanismes biologiques impliqués.
Ce qu'il faut retenir
- Les perturbateurs endocriniens pourraient augmenter le risque de prééclampsie.
- Ils agissent notamment en modifiant l'expression des gènes du placenta par des mécanismes épigénétiques.
- Ces modifications favorisent l'inflammation, le stress oxydatif et une mauvaise implantation placentaire.
- Réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens avant et pendant la grossesse pourrait constituer une piste prometteuse de prévention, même si des recherches complémentaires restent nécessaires.
Rani BU, Vasantharekha R, Santosh W, Swarnalingam T, Barathi S. Endocrine-Disrupting Chemicals and the Effects of Distorted Epigenetics on Preeclampsia: A Systematic Review. Cells. 2025;14(7):493. PMID: 40214447. PMCID: PMC11987890.
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