Facteurs alimentaires qui influencent le risque de prééclampsie

L’étude de 2022 menée par Abigail Perry, Anna Stephanou et Margaret P. Rayman, publiée dans BMJ Nutrition, Prevention & Health, offre une analyse approfondie des facteurs alimentaires influençant le risque de prééclampsie. Cette revue narrative examine les données disponibles pour déterminer les habitudes alimentaires et les nutriments susceptibles de réduire ou d'augmenter ce risque.


🧬 Comprendre la prééclampsie

La prééclampsie est une complication de la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle et des signes de dysfonctionnement organique, généralement après la 20e semaine de gestation. Elle affecte environ 3 à 5 % des femmes enceintes dans le monde et peut entraîner des conséquences graves pour la mère et le fœtus, y compris la prématurité, la restriction de croissance intra-utérine et, dans les cas extrêmes, le décès.


🥗 Facteurs alimentaires influençant le risque

✅ Facteurs protecteurs identifiés

L’étude met en évidence plusieurs éléments alimentaires associés à une réduction du risque de prééclampsie :

  • Poids corporel et indice de masse corporelle (IMC) : Un IMC élevé avant la grossesse est proportionnellement lié à un risque accru de prééclampsie. Il est donc recommandé d’atteindre un poids santé avant la grossesse et d’éviter une prise de poids excessive pendant celle-ci.

  • Apport en fibres alimentaires : Une consommation quotidienne de 25 à 30 g de fibres peut atténuer la dyslipidémie, réduire la pression artérielle et l’inflammation. Les sources de fibres comprennent les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales complètes et les graines.

  • Consommation de fruits et légumes : Un apport quotidien d’au moins 400 g de fruits et légumes est recommandé pour bénéficier de leurs effets protecteurs.

  • Consommation de poissons de mer : Environ 230 g de fruits de mer mixtes par semaine fournissent des acides gras oméga-3 bénéfiques.

  • Probiotiques à base de lait : La consommation de probiotiques à base de lait, en particulier en fin de grossesse, peut réduire le risque de prééclampsie sévère.

  • Suppléments multivitaminés/minéraux : Un supplément quotidien contenant de la vitamine D, du calcium et, dans les régions à faible statut en sélénium, du sélénium, peut être bénéfique.

❌ Facteurs alimentaires sans effet significatif

Certains nutriments et habitudes alimentaires, autrefois considérés comme protecteurs, n'ont pas montré d'effet significatif sur le risque de prééclampsie :

  • Vitamines C et E

  • Magnésium

  • Sodium (sel)

  • Acides gras oméga-3 à longue chaîne (huile de poisson)

  • Zinc

Ces résultats soulignent l’importance d’une approche nutritionnelle globale plutôt que de se concentrer sur des nutriments individuels.


📊 Recommandations pratiques

Pour réduire le risque de prééclampsie, les femmes enceintes, en particulier celles présentant des facteurs de risque, devraient :

  • Maintenir un poids santé avant et pendant la grossesse.

  • Consommer une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, noix, graines et poissons de mer.

  • Limiter l’apport en graisses saturées, sucres ajoutés et sel.

  • Assurer un apport suffisant en fibres alimentaires (25 à 30 g/jour).

  • Envisager la prise de suppléments multivitaminés/minéraux, notamment en vitamine D, calcium et sélénium, selon les recommandations médicales.

  • Consulter un professionnel de santé avant d’introduire des changements alimentaires ou des suppléments.


📚 Pour aller plus loin

Pour une lecture approfondie de l’étude, vous pouvez consulter l’article complet ici : Dietary factors that affect the risk of pre-eclampsia.

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